pincer cannabis

Le pinçage est une pratique courante en horticulture cannabique.
Beaucoup de cultivateurs de cannabis l’utilisent pour améliorer le rendement de leurs plantations.
Il est souvent question de ‘taille’ des têtes apicaux.
La taille se pratique également mais il n’est plus alors, à proprement parler, question de pinçage.
A l’instar d’une taille, le pinçage va permettre de stimuler le développement des ramifications. Mais le pinçage va préserver les sommités en vue de la floraison.
Il est très utile pour uniformiser une canopée.

Pour réaliser le pinçage, il vous suffit de presser ‘fermement’ la tige [entre le pouce et l’index] aux environs de l’apex jusqu’à sentir un léger craquement.
Cela aura pour résultat d’endommager les vaisseaux impliqués dans la circulation de la sève situés dans le pourtour de la tige. La tige conserve toutefois une certaine rigidité.
Pour obtenir le même résultat, il est également possible de vriller légèrement la tige sur elle-même.

L’interruption du circuit d’alimentation entre le/les apex et le reste du plant va provoquer un déséquilibre hormonal qui aura pour conséquence le développement des ramifications inférieures au point de pinçage.
Pour comprendre le phénomène, il faut s’arrêter un instant sur les propriétés et la localisation des hormones intervenant dans la croissance :
L’auxine ou acide indole acétique (AIA): synthétisée dans l’apex, elle joue un rôle dans l’élongation (=auxèse) et la multiplication cellulaire. Elle stimule l’initiation des bourgeons mais inhibe leur développement (> phénomène de dominance apicale).

Comment pincer du cannabis?

Les citokynines: synthétisées dans les racines, elles complètent le rôle de l’auxine dans l’allongement cellulaire en agissant là où cette dernière n’agit pas. Elles interviennent dans la néoformation des bourgeons en contrecarrant l’effet inhibiteur de l’auxine.
Il y a donc deux influences antagonistes : celle de l’auxine qui part des bourgeons terminaux vers les racines dont l’effet est inhibiteur, et celle des cytokinines qui part des racines pour monter aux bourgeons dont l’effet est stimulateur.

Bref, lorsque l’on pince un plant, on interrompt la diffusion de l’auxine (développement de(s) apex) au profit des cytokinines (développement des ramifications).
Inspiré de « Des bactéries à l’homme… »

Le pinçage d’un jeune plant ne doit pas se pratiquer avant la 3/4ème semaine (en général 1 mois de croissance avant de pincer/tailler, c-à-d 4/5 étages de feuilles).
Pour que l’effet perdure, il faut répéter l’opération tous les 4/5j car la plante va se rétablir, normalement le tronc va s’épaissir et durcir jusqu’à ne plus pouvoir être pincé à ce niveau.

Ces quelques interventions ponctuelles ne donneront pas lieu à un véritable stress.
A l’échelle du développement des végétaux, ce sont plutôt les facteurs agissant sur le long terme : engraissage, climat, photopériode, qui peuvent générer un stress.
Il faut souligner qu’un pinçage, sans palissage, n’est pas la meilleure technique pour développer efficacement les branches secondaires d’un jeune plant : Pratiquez de la même manière mais en effectuant un pinçage régulier au lieu d’une taille pour conserver l’apex